Article publié le jeudi 22 janvier 2026 dans le 24h et le vendredi 23 dans la Tribune de Genève.
En écrivant cette chronique pour la troisième semaine de janvier, je n’ai pas pu éviter de penser au « Blue Monday », expression populaire désignant le troisième lundi du mois de janvier, présenté comme le jour le plus dépressif de l’année.
Bien qu’il ne s’agisse pas d’une réalité scientifique validée, il est compréhensible que la combinaison de plusieurs facteurs négatifs — météo froide et défavorable, finances personnelles mises à rude épreuve après les fêtes, ou simple idée de repartir à zéro pour la nouvelle année (les directeurs des ventes comprendront aisément cette sensation) — puisse entraîner une baisse de moral en janvier.
Et alors ? Quel est le rôle du leadership en entreprise, particulièrement lors du retour aux affaires après les fêtes ? Dans ce contexte, le rôle du leader n’est ni de dramatiser, ni de minimiser les difficultés, mais d’assumer pleinement sa fonction de point d’ancrage : apporter soutien, clarté, énergie, exemplarité, sécurité psychologique et confiance dans l’avenir.
Soyons clairs. Nous entamons cette semaine de « Blue Monday » dans une année qui sera probablement encore une fois marquée par une croissance atone, des conflits et des événements tragiques, comme ceux qui ont secoué notre pays pendant la période des fêtes. Une année avec un franc suisse extraordinairement résilient face aux devises étrangères, et des tarifs douaniers pouvant freiner nos sociétés exportatrices.
Nous ne pouvons donc pas espérer naviguer avec le vent en poupe. Il faut avancer avec détermination, en ramant, en trouvant les opportunités qui permettent de surmonter les obstacles. Le leadership, c’est la capacité d’amener des personnes ordinaires à accomplir des choses extraordinaires, même dans les moments difficiles. C’est la capacité de tirer parti des changements de paradigme et des contraintes pour saisir des opportunités, tout en guidant ses équipes avec cohérence et confiance.
Dans un contexte comme celui du Blue Monday, le leader ne cède ni au pessimisme ni à l’enthousiasme artificiel. Il reconnaît les contraintes sans les amplifier, avance sans nier les difficultés et installe une confiance authentique et durable.
Finalement, le Blue Monday nous rappelle que notre énergie, notre attitude et notre leadership peuvent influencer le cours des événements. Il est facile de céder aux excuses – celle du Blue Monday en est une assez grossière. Puiser dans nos énergies, nos idées et nos solutions, même les jours les plus gris, reste un facteur essentiel de succès.










