On a souvent tendance à croire qu’il faut attendre les problèmes ou les crises pour envisager le changement — que ce soit dans l’entreprise, sa carrière, sa vie personnelle ou même dans le sport.
C’est une erreur fréquente. La réalité, observée à tous les niveaux, c’est qu’il ne faut pas confondre stabilité et immobilisme. C’est précisément quand tout va bien qu’il faut amorcer les transformations. À défaut, elles risquent d’être douloureuses, subies, et de marquer le début d’un long chemin de croix.
À l’inverse, c’est lorsque la situation est favorable que les changements génèrent le plus d’impact positif et le moins de résistance. Dans la sphère personnelle, un déménagement ou une évolution professionnelle bien planifiés peuvent être des leviers puissants pour enrichir une vie de famille ou accélérer une carrière. À l’opposé, les décisions prises dans l’urgence ou sous contrainte nous enferment souvent dans des situations encore plus difficiles.
Il est toujours plus simple de trouver un nouveau défi quand on est en poste que lorsqu’on est déjà sur le marché. Mais cela suppose de réfléchir, planifier et anticiper ses prochaines étapes.

Pour les entreprises, la logique est la même. Le CEO d’un grand groupe de défense européen, également membre de plusieurs conseils d’administration, me confiait récemment : « C’est absurde de penser qu’il faut attendre les problèmes pour agir. Un leadership team qui ne pense pas transformation quand le business croît et va bien, ça doit interpeller tout Conseil d’administration ! ».
Selon lui, c’est précisément en période de croissance qu’un leader doit transformer son organisation : anticiper les évolutions, préparer les équipes et surtout communiquer la vision du changement.
C’est dans ces moments favorables que l’engagement se construit, que les équipes adhèrent et que l’entreprise devient réellement agile face aux défis à venir. C’est ce qui permet à l’entreprise de rester agile, réactive et capable d’absorber les évolutions du marché avec efficacité. Les transformations subies sont souvent la résultante d’un immobilisme précédant et amènent en général leur lot de problèmes : Impact social et licenciements.
Le paradoxe est là : l’anticipation du changement crée plus de stabilité que l’immobilisme.
Les organisations qui osent se transformer quand tout va bien constatent moins de turnover, un engagement accru, et des résultats plus durables.
De la même manière, un individu proactif construit sa carrière avec plus de maîtrise, de sérénité et d’opportunités. Il n’est jamais trop tard pour commencer à bâtir son réseau, recueillir du feedback de ses managers, trouver des mentors ou visualiser la suite de sa carrière, que ce soit en interne ou à l’externe.
Mais mieux vaut s’y mettre tôt — surtout quand tout va bien !









